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Une banque de la place incriminée dans la criminalité transnationale de blanchiment d’argent

La Commission Tunisienne des Analyses Financières a gelé des comptes ouverts auprès d’une banque de la place, utilisés comme des comptes de passage dans le cadre d’une vaste opération transnationale de blanchiment d’argent.

Certains de ces comptes ont été révélés dans le cadre d’une investigation transfrontalière réalisée par l’agence TAP en décembre 2017, en collaboration avec le Réseau arabe des journalistes d’investigation « ARIJ ».

Les premiers responsables de la CTAF et de la BCT ont confirmé ce gel. Ils ont annoncé que le dossier a été transmis au Parquet, après l’analyse « des indices de soupçon de blanchiment et de divers critères d’alertes ».

“Les transferts reçus et émis, enregistrés sur les comptes, s’inscrivent dans le cadre d’un montage financier international qui a touché plusieurs pays dans le monde et en relation avec le blanchiment de fonds issus de la corruption de personnalités politiques étrangères”, indique la CTAF dans son rapport.

La CTAF a reçu 4 Déclarations de Soupçon. La première se rapporte à une société dénommée ” Sté A “, de droit étranger et spécialisée dans le domaine de l’ingénierie, construction et commerce. Les autres déclarations sont liées à 3 individus qui agissaient en tant que responsables au sein de ladite société. Parmi ces individus, une PPE (personnalité politique étrangère) qui exerçait à l’ambassade de son pays d’origine, dans un pays limitrophe de la Tunisie. Les personnes, objet des déclarations de soupçon, seraient liées à un réseau international de blanchiment d’argent. Ils ont reçu des transferts de l’étranger jugés suspects.

Dans son analyse sous la rubrique ” Laverie transnationale ” du rapport, la CTAF a constaté que les transferts seraient, sans arrière-plan économique, licite et ne prouvent aucune activité réelle de la société A et de ses responsables en Tunisie. Le mode opératoire en question s’inscrit dans le cadre d’un système de blanchiment d’argent international lié à la corruption de personnes étrangères et qui a touché plusieurs pays dans le monde.

Le système de criminalité internationale a débuté par un montage, basé sur une dette fictive et des créanciers prête-noms.

Dans son analyse opérationnelle, la CTAF a aussi, constaté que les transferts réalisés ont été jugés suspects parce qu’ils ont été reçus de la part de sociétés étrangères mentionnées dans un dossier international d’investigation, montrant l’utilisation des sociétés et banques offshore, pour faire un montage financier complexe ayant pour objectif le blanchiment des fonds issus de la corruption politique.

Elle a identifié deux transferts ordonnés, à travers une banque en ligne, par une société étrangère, dont l’adresse du siège est une boîte postale située dans un autre pays. La Commission a aussi, réussi à vérifier l’existence de virements internes entre les comptes ouverts auprès de la même banque et l’absence de justificatif économique associé aux opérations financières.

Ces révélations ont été faites lors d’une visioconférence de presse, tenue par la BCT, le mercredi dernier 16 décembre 2020, pour présenter une édition spéciale du rapport 2018-2019, de la CTAF.

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