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TUNISIE – FMI : ENTRE LEÇONS DU PASSE ET PERSPECTIVES D’AVENIR

Le think tank « Global Institute 4 Transitions » (GI4T) a organisé, vendredi 4 février 2022, une visioconférence sur le thème : « Tunisie-FMI : Entre leçons du passé et perspectives d’avenir ».

Le débat, animé par la journaliste Asma Rihane, a réuni  quatre éminents spécialistes : Hakim Ben Hammouda : économiste, universitaire et ancien ministre, Elyes Jouini : économiste, universitaire et ancien ministre,Taoufik Rajhi : économiste, universitaire et ancien ministre et Fethi Nouri, universitaire et économiste.

Hakim Ben Hammouda a entamé le débat, en rappelant l’importance des relations entre la Tunisie et le FMI, notamment pour l’avenir de la Tunisie. Ces relations, qui remontent aux années 80, connaissent aujourd’hui des tensions qui suscitent des inquiétudes concernant la situation économique et financière de la Tunisie.

Elyes Jouini, a affirmé que la Tunisie n’a aucune alternative, aujourd’hui, que de recourir au soutien du Fonds Monétaire International (FMI) et de parvenir à conclure un accord avec lui. Il considère qu’il est indispensable actuellement de prendre des décisions et des mesures douloureuses. Pour lui, “il est impératif d’agir rapidement et d’avoir la volonté et l’audace de prendre les mesures adéquates sans craindre de perdre le soutien populaire”.

Toutes les parties prenantes, notamment la présidence de la République, la présidence du gouvernement et les partenaires sociaux, assure l’universitaire, doivent collaborer ensemble, durant la prochaine étape, dans le cadre d’un consensus.

Il s’agit d’élaborer un programme de réformes basé sur l’identification des priorités du pays, et non pas sur un agenda de réformes irréalisables.

“La Tunisie doit rembourser des sommes considérables en devises, durant les années à venir, au titre du remboursement de ses dettes étrangères, il est donc nécessaire de bénéficier d’un soutien financier, d’autant plus que la situation ne cesse de se compliquer de jour en jour”, souligne-t-il.

En effet, indique Jouini, “la conclusion d’un accord avec le FMI nous permettra non seulement d’obtenir les financements nécessaires, mais aussi d’atténuer les pressions sur le marché financier en général”. En outre, il faut contrôler au mieux les dépenses de l’Etat et à œuvrer à impulser l’investissement, pour assurer la relance économique.

Le FMI… entre compensations et environnement

De son côté, Fethi Nouri rappelle la position du FMI quant au dossier de la compensation en Tunisie, estimant que le Fonds n’est pas favorable à la compensation des hydrocarbures pour des considérations environnementales.

Il souligne que le renforcement de l’efficacité énergétique est de nature à conforter la position de la Tunisie dans ses négociations avec le FMI, appelant la partie tunisienne à revoir sa politique de négociations.

Et il explique : “à cet égard, la diplomatie économique et très importante. La solution est à la fois politique et économique et le président de la République et la cheffe du gouvernement sont appelés à redoubler d’efforts pour sauver le pays “.

En plus de l’engagement politique, l’économiste appelle à adopter une bonne politique de communication et à expliquer au peuple l’importance et l’étendue des réformes qui doivent être mises en place.

Améliorer le climat des affaires

Quant à Taoufik Rajhi, il a souligné l’importance d’un ajustement budgétaire, d’une réforme de la politique monétaire, d’une réduction de la masse salariale et de la réforme des entreprises publiques. “Mais au-delà des considérations budgétaires, des efforts doivent être déployés pour améliorer le climat des affaires et favoriser l’investissement pour faire sortir le pays de sa crise structurelle qui a été aggravée par le retard accusé en matière de réalisation des réformes et la pandémie du coronavirus”. a-t-il ajouté.

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