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Les propositions de Ridha Chkoundali pour réduire l’endettement de la Tunisie

L’universitaire Ridha Chkoundali a élaboré une étude sur les moyens de réduire l’endettement extérieur de la Tunisie. En adoptant une nouvelle approche de gestion de son budget, la Tunisie serait en mesure de réduire cet endettement qui passerait de 16,7 milliards de dinars à environ 8,6 milliards de dinars.

Dans une déclaration à TAP, Chkoundali a expliqué que pour financer un budget estimé à 52,6 milliards de dinars cette année, la Tunisie a besoin d’environ 16,7 milliards de dinars par emprunt extérieur.

Pour l’auteur de cette étude, intitulée “Vers une nouvelle approche pour sécuriser les finances publiques et réduire le recours à l’endettement extérieure”, compte tenu de la difficulté d’obtenir cet important emprunt en devises auprès des institutions internationales et de la difficulté de sortir sur les marchés financiers internationaux, il est nécessaire de réexaminer la structure du budget de l’Etat, laquelle dans sa forme actuelle ne permet pas de suivre les ressources financières internes et externes.

Une nouvelle approche et quatre budgets

A cet égard, il propose une autre approche qui assure un suivi transparent de l’utilisation des ressources de financement nécessaires.

L’approche proposée, selon cette étude, repose sur la restructuration du budget de l’Etat en quatre budgets distincts pour garantir l’intégrité des finances publiques et éviter la faillite financière du pays même dans les périodes les plus difficiles de crise économique.

Ces quatre budgets se composent d’un premier budget dédié aux salaires et aux subventions, financé par les taxes sur la valeur ajoutée, les droits de consommation et autres impôts indirects.

L’universitaire estime que ce budget aboutira à un excédent financier qui permettra de financer le deuxième budget relatif aux dépenses classées ”autres dépenses”.

Il s’agit des dépenses relatives au budget de fonctionnement et les dépenses d’urgence, lesquelles sont financées en outre par les taxes douanières et les ressources de trésorerie.

Quant au troisième budget, il détermine, selon l’étude, le montant des dépenses de développement en fonction des ressources qui leur sont allouées. Il s’agit des impôts sur les sociétés, de bénéfice de participation, d’une part des fonds confisqués, les redevances sur le transit de pétrole et du gaz et autres ressources non fiscales.

Taxer les banques commerciales

Pour le quatrième budget qui fixe le plafond de la dette extérieure, Chkoundali appelle à exonérer l’Etat des intérêts sur les dettes intérieures pour l’année 2021 et de les imputer aux bénéfices de la Banque centrale et des banques commerciales, d’autant plus que ces dernières ont largement bénéficié de la politique monétaire prudentielle et ont réalisé d’énormes bénéfices, au cours de ces dernières années, ce qui a conduit au renforcement de qu’on appelle l’économie de rente.

Se référant à l’approche proposée, le budget de l’Etat pour l’année 2021 baisserait de 7 milliards de dinars pour s’établir à 45,3 milliards de dinars contre 52,6 milliards de dinars fixés par la loi de Finances de 2021.

Un endettement divisé par deux

Le besoin à l’endettement extérieur baisserait de 16,7 milliards de dinars à 8,6 milliards de dinars (soit 3,1 milliards de dollars), ce qui constitue selon Chkondali, une somme que le pays est en mesure d’honorer soit à travers un crédit du FMI, soit à travers des crédits contractés auprès de pays frères et amis ayant exprimé leur disposition à soutenir la Tunisie dans ce contexte difficile.

Toujours selon l’approche proposée par l’universitaire, le budget de fonctionnement diminuerait de 6,2 milliards de dinars (budget de l’Etat pour 2021) à 3,1 milliards de dinars.

Les dépenses de développement s’inscriraient elles aussi en baisse de 1,8 milliard de dinars, de 7,1 milliards de dinars à 5,3 milliards de dinars. Les dépenses relatives au remboursement de la dette baisseraient de 2,4 milliards de dinars.

Une crise économique inédite

Il est à noter que la Tunisie connaît l’une des pires crises économiques et financières de son histoire, avec une détérioration de tous les indicateurs économiques, une croissance négative de 8,8% et une augmentation du taux de chômage à 17,4% à fin 2020.

Les piliers de l’économie nationale tels que la production des phosphates et du pétrole ont aussi connu une grande régression durant la dernière décennie avec une forte aggravation de la balance commerciale.

Face à cette situation économique et financière difficile, la Tunisie est entrée dans de nouvelles négociations avec le FMI. Une délégation gouvernementale a fait le déplacement à Washington du 3 au 8 mai 2021 pour proposer au FMI un nouveau deal comportant une série de mesures ” douloureuses ” dont la levée progressive de la subvention des produits de base d’ici 2024 et la réduction de la masse salariale de 15% d’ici 2022.

A travers le recours au FMI, le Gouvernement ambitionne de contracter un nouveau crédit de 4 milliards de dollars, soit l’équivalent de 10,8 milliards de dinars et d’avoir le feu vert pour sortir sur les marchés financiers internationaux pour mobiliser les ressources nécessaires au budget de l’Etat.

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