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Les opérateurs économiques à la recherche de financements alternatifs

Face aux difficultés d’accès au financement bancaire et au manque de liquidité au niveau des banques, les opérateurs économiques sont de plus en plus en quête des financements alternatifs ou complémentaires aux financements classiques, c’est ce qui ressort d’un webinaire organisé, vendredi 4 décembre 2020, par la CONECT en partenariat avec USAID-Tunisia JOBS et l’APII.

Intervenant lors de ce webinaire intitulé ” Les outils de financement et d’assistance en faveur des PME en quête de développement “, le président de la CONECT, Tarak Cherif, a souligné que ” le problème de financement des entreprises notamment des PME, est un problème récurrent en Tunisie ” estimant que ” la crise de COVID-19 a aggravé une situation déjà compliquée “.

Et d’expliquer,” l’entreprise tunisienne était sous-capitalisée avant même la pandémie. S’ajoute à cela un resserrement de la liquidité au niveau des banques, accentué davantage par le recours de l’Etat à l’endettement intérieur pour financer son déficit budgétaire.

Avec la COVID-19, la situation a empiré, d’autant plus que les promesses faites par l’Etat pour soutenir les entreprises n’ont pas été réalisées dans leur majorité et même les quelques promesses réalisées l’ont été très tardivement “.

Et de poursuivre “la complexité de la situation est encore plus palpable au niveau des régions et on aurait espéré que la LF 2021 apporte des dispositions audacieuses au profit des entreprises, chose qui n’a pas eu lieu “.

Toutefois, Cherif espère toujours, que le tir soit rectifié tant que la LF 2021 n’est pas encore adoptée, en prenant en considération les propositions formulées par la CONECT à la commission parlementaire des Finances (report des charges, exonération des bénéfices réinvestis…).

Face à ces difficultés, Cherif estime que le recours à des financements alternatifs ou complémentaires aux financements conventionnels, est devenu une nécessité pour les opérateurs économiques nationaux.

Invitée, à ce titre, à présenter la plateforme de financement ” Joussour Invest “, Ines Allouche a indiqué que ” JoussourInvest.tn est la première place de marché digitale en Tunisie développée par Tunisia Jobs, en collaboration avec la CDC, la BVMT et l’ATIC “. ” Elle permet de digitaliser la soumission des demandes de financement en capital et la mise en relation entre les investisseurs en capital et les PME en quête de financement “.

Allouche a rappelé que Joussour Invest a été officiellement lancée le 24 septembre 2020, faisant savoir que 49 investisseurs sont actifs sur cette plateforme jusqu’au 1er décembre 2020 et que 1655 PME de toutes les régions s’y sont enregistrées “.

Par ailleurs, ” 312 demandes d’investissement en capital ont été déposées via cette plateforme. 17 demandes sont en phase de due diligence et une transaction a été bouclée pour un montant de 5 millions de dinars “. Elle a aussi, mentionné que ” le dépôt de dossiers d’investissement et échange de documents et d’informations entre les PME et les investisseurs sont à 100% digitalisés, avec une forte protection de données, ajoutant que ” la plateforme s’adresse à toutes les PME, tous secteurs d’activité confondus et dans toutes les régions du pays et offre une large panoplie d’investisseurs (intermédiaires en Bourse, sociétés de gestion de fonds, SICAR de banque et SICAR régionales…) “. Il s’agit d’un produit très jeune conçu en fonction des besoins de l’écosystème entrepreneurial tunisien et qui évoluera davantage en fonction de ces besoins.

La plateforme de financement ” Joussour Invest “, a été mise en place par le programme Tunisia JOBS (projet quinquennal de 69,5 millions de dollars, financé par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), et visant à fournir aux entreprises tunisiennes les ressources nécessaires pour développer leurs ventes, leurs exportations et leur croissance). Un autre mécanisme de financement innovant, le crowdfunding, a été aussi, discuté lors de ce webinaire.

A ce titre, le coordinateur du comité de pilotage du crowdfunding à l’APII, Najmeddine Boukhari, a rappelé que la Loi n° 2020-37 du 6 août 2020, relative au ” Crowdfunding ” a été promulguée en août 2020, faisant savoir que les décrets d’application qui fixeront les plafonds d’investissements et les conditions d’application sont en phase d’approbation et verront prochainement le jour.

” Un plan d’action de mise en œuvre de cette loi qui s’adresse à toutes les parties prenantes est aussi, en cours d’élaboration “.

Boukhari a considéré que ” le Crowdfunding est une forme de financement complémentaire aux financements conventionnels qui pourra jouer le rôle de levier pour les entreprises en phase démarrage et générer, en une seconde étape, des liquidités au niveau des banques soutenant ainsi le rôle de celles-ci dans le financement de l’économie “.

Et d’ajouter ” c’est une sorte de démocratisation du financement et un outil de financement innovant reposant sur des plateformes digitales et collaboratives avec des délais de réponse très réduits et une meilleure transparence de tout le processus “.

” C’est aussi une industrie qui explose à travers le monde et qui permettra à la Tunisie de drainer des fonds de la diaspora et des investisseurs étrangers et de booster le développement local à travers le renforcement des investissements de proximité “.

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