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Conjoncture : l’analyse et l’avis de Safouane Ben Aïssa

Professeur universitaire Consultant membre de conseils d’administration de banques

Situation économique au 15 mai 2021 :

* Solde du compte courant du trésor : 960 MDT

* Masse salariale requise au 17/05/2021 pour versement des salaires du mois de mai : 1660 MDT

* Besoin de financement du trésor pour le 17/05/2021 : 700 MDT

* L’INS vient de publier la croissance de T1-2021 (elle est sévèrement négative -3% annonçant une non reprise même pas partielle),

* on peut dire Bye-bye aux 4% de croissance annuelle prévue en 2021 (et ce malgré l’effet de base lors du T2-2021 qui sera nécessairement positif car le T2-2020 était de -21% mais pas suffisamment pour faire un rattrapage puis une reprise)

* Le taux de chômage a atteint les 17,8%

* Zéro feedback de la mission de WDC

* Annonce de démarrage des négociations à partir de ce mardi (17 mai) !

* Moralité : On ne peut prétendre à la mobilisation des ressources de la dette (qu’elle soit intérieure ou extérieure) que lorsqu’on sécurise la mobilisation des ressources propres !!!

*** Il faut absolument solutionner le problème de la grève qui dure depuis 3 semaines des recettes des finances sans délai à partir de demain ***

A ne pas confondre la prime de recouvrement avec le bonus bancaire !

A ne pas confondre le statut de fonctionnaire public (payé sur 12 mois) avec la convention collective bancaire (payé sur 17 mois et demi) !

A ne pas confondre PIB avec PNB !

(FB 15 mai 2021)

PIB 2021 : environ 114 milliards de dinars,

* Taux d’endettement : environ 90%,

* Stock de la dette : environ 100 milliards de dinars,

* Population en 2021 : environ 12 millions,

* Part de la dette/habitant : 9500 DT/habitant.

Chaque nouveau-né démarre avec un passif de 9500 DT : c’est le montant de notre legs aux générations futures. C’est pourquoi il est temps de faire toute la lumière sur les engagements pris à Washington. Déjà que nous apprenons par accident par fuite le contenu de la proposition gouvernementale. Il relève de droit que toutes les parties prenantes soient mis au parfum au bas mot. Parties prenantes y compris les partenaires sociaux, les députés de l’ARP, la présidence de la république et la société civile.

En examinant le contenu des propositions, nous restons tantôt sur des orientations très générales tantôt on apprend des mesures très précises. Le comble que les propositions relatives à la réduction de la masse salariale nécessitent un consensus avec l’UGTT qui n’a même pas assisté dans le dialogue de Beit El Hekma. Celles relatives à la levée de la subvention sans spécifier comment atteindre un ciblage qui réduit au maximum les erreurs d’exclusion (comment nettoyer le fichier des familles nécessiteuses).

Nous devons cesser de jubiler comme si l’accord avec le FMI est un terminus tout le monde descend…c’est plutôt le début d’une galère et ce pour la raison que l’accord a une facture qu’on finira par savoir ses détails :

* Engagements de réduction de salaires des fonctionnaires,

* Engagements de gel de recrutement,

* Engagement de coupes budgétaires drastiques,

* Engagement de contribution fiscale additionnelle sans élargissement d’assiette les mêmes qui payent),

* Engagement sur la levée des subventions alimentaires et énergétiques,

* Engagement de dépréciation du DT sur les quatre années à venir (nous détectons dans le rapport de février 2021 qu’on prévoit 10% sur les deux années 20 et 21).

Ce qu’on doit comprendre une fois pour toutes : un accord décidé n’en vaut pas un déblocage. Ce dernier est renouvelable chaque 6 mois et sera tributaires des repères structurels. Les repères se sont simplement les objectifs sur lesquels nous nous engagerons de les réaliser sur 3/4 ans. Faut-il rappeler que sur les deux derniers programmes étaient interrompus pour non réalisation des objectifs.

Loin d’être exhaustive, voici la liste des grévistes aujourd’hui :

– Les ingénieurs publics,

– Les médecins publics,

– Les recettes de finances,

– Les centres de visite technique,

– Les architectes,

Cette situation n’est pas assujettie à une appréciation d’aimer ou pas, adhérer ou pas. Ma crainte est l’absence de consensus et le risque substantiel de décalage entre les engagements et la capacité de réalisation de ces objectifs dans ce contexte.

(FB 9 mai 2021)

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