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Ce que recommande le FMI à la Tunisie

Le Conseil d’administration Fonds Monétaire International a achevé les consultations avec la Tunisie, relative à l’année 2020.

  Les administrateurs du FMI estiment que la croissance devrait reprendre de manière modeste en 2021, mais qu’elle risque d’être révisée à la baisse.

 Ils mettent ainsi en garde contre le risque d’insoutenabilité de la dette publique, en l’absence d’un programme de réformes solide.

Réduire la masse salariale et limiter les subventions énergétiques

La politique économique doit aussi avoir pour objectif de rétablir la soutenabilité des finances publiques et de la dette, ainsi que de promouvoir une croissance inclusive.

Les administrateurs recommandent de faire en sorte que la politique et les réformes budgétaires visent à réduire le déficit. Dans ce contexte, ils soulignent la nécessité de réduire la masse salariale et de limiter les subventions énergétiques, tout en accordant la priorité aux dépenses de santé et à l’investissement, ainsi qu’en protégeant les dépenses sociales ciblées.

Vers l’insoutenabilité de la dette publique

Les administrateurs notent que la dette publique de la Tunisie deviendrait insoutenable à moins que ne soit adopté un programme de réformes solide, crédible et bénéficiant d’un soutien étendu. Ils appellent aussi les autorités à rendre la fiscalité plus équitable et favorable à la croissance. Ils encouragent à prendre des mesures pour apurer les arriérés qui ont été accumulés dans le système de sécurité sociale.

Ils soulignent qu’il est nécessaire d’opérer des réformes d’ample portée, dans les entreprises publiques, afin de réduire les passifs éventuels. Ils encouragent les autorités à adopter un plan visant à réduire les risques budgétaires et financiers des entreprises publiques, à renforcer la gouvernance d’entreprise et à améliorer l’information financière et la transparence.

Maîtriser l’inflation et éviter le financement monétaire du budget

Les administrateurs indiquent par ailleurs que la politique monétaire doit avoir pour souci primordial l’inflation, en agissant sur les taux d’intérêt à court terme, tout en préservant la flexibilité du taux de change. Ils encouragent les autorités à éviter le financement monétaire du budget.

Ils conseillent aux autorités de mettre en œuvre la feuille de route devant mener au ciblage de l’inflation, et à établir un plan graduel et assorti de conditions pour la libéralisation du compte de capital, tout en surveillant de près la solidité du secteur financier.

Elimination des monopoles et la corruption

Ils considèrent par ailleurs qu’il est essentiel de promouvoir l’activité du secteur privé pour augmenter la croissance potentielle et la rendre plus riche en emplois et inclusive. Les réformes doivent porter essentiellement sur l’élimination des monopoles, la suppression des obstacles réglementaires et l’amélioration du climat des affaires.

Les administrateurs saluent les efforts que les autorités consentent pour accroître l’inclusion financière et tirer parti des technologies numériques, et soulignent qu’il est important de renforcer la gouvernance et appellent à mettre en œuvre effectivement les dispositifs de lutte contre la corruption, contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les administrateurs soulignent aussi que les dépenses liées à la pandémie de Covid-19 doivent être efficaces et transparentes. Ils saluent l’objectif d’investissement dans l’énergie renouvelable afin de combattre le changement climatique.

PIB, emplois, échanges et exportations impactés par la Covid-19

Le FMI indique que la pandémie de la Covid-19 a durement touché la Tunisie et entraîné un ralentissement économique sans précédent. Selon des estimations, le PIB réel s’est contracté de 8,2 % en 2020 : il s’agit du ralentissement économique le plus prononcé depuis que le pays est devenu indépendant.

La hausse du taux de chômage à 16,2 % fin septembre a touché de manière disproportionnée les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les jeunes, et contribue au mécontentement social. L’inflation a ralenti en raison de la contraction de la demande intérieure et de la baisse des prix internationaux des carburants.

Le déficit des transactions courantes s’est réduit à 6,8 % du PIB, du fait de la baisse de la demande d’importations et de la résilience des envois de fonds des travailleurs expatriés, en dépit d’une forte baisse des exportations et d’un effondrement des recettes du tourisme.

Le Fonds rappelle que le déficit budgétaire et la dette publique ont augmenté nettement en 2020. Le déficit budgétaire (hors dons) est estimé à 11,5 % du PIB. Les recettes ont diminué, en raison d’une baisse des recettes fiscales.

Des embauches supplémentaires (dont environ 40 % dans le secteur de la santé, notamment pour combattre la pandémie de Covid-19) ont fait s’accroître la masse salariale de la fonction publique à 17,6 % du PIB, soit l’une des plus élevées du monde.

La hausse des dépenses a été compensée par une baisse des investissements et des subventions énergétiques. En raison de l’augmentation du déficit budgétaire et de la contraction du PIB, la dette de l’administration centrale a augmenté à près de 87% du PIB.

Lueur d’espoir…

La croissance du PIB devrait rebondir à 3,8 % du PIB en 2021 selon les projections, tandis que les effets de la pandémie commenceront à s’atténuer. Cependant, cette projection est exposée à des risques à la baisse considérables, étant donné l’incertitude entourant la durée et l’intensité de la pandémie, ainsi que le calendrier des vaccinations. Les perspectives à moyen terme dépendent dans une large mesure de la trajectoire future de la politique budgétaire, ainsi que des réformes structurelles et de la gouvernance..

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